Le projet FNS « L’écrivain en ses archives : le Fonds André Gide » (2026-2030)
Au printemps 2025, le Fonds André Gide est venu enrichir les collections des Archives littéraires suisses (ALS) de la Bibliothèque nationale suisse (Berne). Constitué d’un vaste ensemble de manuscrits, de documents personnels et de correspondances, il offre l’occasion de lancer une recherche d’envergure sur André Gide (1869-1951) et ses pratiques de travail.

Le projet de recherche « L’écrivain en ses archives : le Fonds André Gide » – fruit d’une collaboration entre les ALS et le Département de Français de l’Université de Fribourg, avec le soutien scientifique de l’Université de Lorraine – se propose d’étudier le rapport étroit que cet écrivain majeur du XXe siècle a entretenu avec ses archives, tout en explorant des pistes qui permettent de repenser, de manière plus globale, un moment crucial de l’histoire littéraire.
C’est en effet au tournant des XIXe et XXe siècles que les archives deviennent des documents incontournables dans la conception et l’exercice du métier d’écrivain. Ces archives prennent forme au travers de nouvelles techniques d’organisation du travail intellectuel, touchant la prise de notes comme les procédures de classification, et transformant en profondeur les conceptions de l’activité érudite. Les archives de Gide participent de ce mouvement général : à une époque où de nouvelles méthodes s’imposent dans les sciences humaines et où émerge la figure de l’intellectuel, l’écrivain développe des pratiques servant à appuyer sa prise de parole publique, en gardant la trace de ce qu’il a vu, lu, entendu et vécu. Il s’agit pour lui d’établir des dossiers de preuves dans un régime discursif marqué par les débats et la polémique.
Pour saisir la nature et l’importance de ces pratiques, le projet privilégie l’étude de lots d’archives précis, centrés aussi bien sur la façon dont s’affirme le magistère de Gide (travail post-doctoral), que sur son travail collaboratif – avec les secrétaires notamment – (thèse 1), et ses voyages en URSS et en Afrique (thèse 2). En étudiant les usages et la logique de classement de ces archives par l’écrivain lui-même comme par ceux qui l’assistent dans ces tâches, il vise à mettre en évidence, dans chacun des cas évoqués, des méthodes de travail qui s’adaptent aux sujets traités, aux lieux de rédaction, aux contraintes temporelles. Par ailleurs, le but global de ce projet est d’interroger non seulement le rôle que ces archives jouent dans l’organisation du travail chez Gide, mais aussi leur signification plus générale à une époque où les auteurs se soucient davantage de la fonction et de la valeur de leurs instruments de travail. Par-delà la singularité de Gide et de son œuvre, ce projet envisage donc aussi l’écrivain comme un cas paradigmatique, au sein d’une réflexion plus vaste sur les pratiques matérielles concrètes qui sous-tendent la création littéraire et l’histoire des idées.

L’équipe du projet

Les trois sous-projets
Bibliothèque nationale suisse
Archives littéraires suisses
3003 Berne