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Salle de lecture

fermeture exceptionnelle

Actualisé le 25 août 2026

En raison d'un événement, la salle de lecture sera fermée le mardi 15 septembre 2026.

Les trois sous-projets

Travail post-doctoral : « Archives d’un magistère » (Dr. Fabien Dubosson)

André Gide en gros plan, de face, les mains jointes sous le menton, les yeux baissés, 11 septembre 1946.

Ce travail post-doctoral se propose de saisir les enjeux de l’archive dans la constitution du « magistère » d’André Gide, complétant ainsi les études qui se sont intéressées aux dimensions à la fois intellectuelle et sociologique de ce magistère. Gide conserve en effet les traces concrètes des gestes qui lui permettent d’exercer son autorité morale. C’est le cas notamment des lettres échangées avec des épistoliers inconnus. L’écrivain tente d’y assumer un rôle de « conseiller », de guide de vie, de confident amical, voire d’intermédiaire facilitant le règlement de problèmes concrets. Dans ce corpus, une place particulière sera faite aux nombreux témoignages qu’il cherche à réunir autour des affaires judiciaires et des faits divers – dans la suite de ses Souvenirs de la cour d’assises (1913) puis de L’Affaire Redureau (1930) –, et qui vont nourrir aussi bien son œuvre que ses prises de position publiques. D’autre part, cette étude abordera les cas des jeunes hommes qui écrivent à Gide au sujet de leur orientation sexuelle. Leurs lettres ont été soigneusement conservées, et permettent de réfléchir, notamment dans leur circulation et leur réemploi, aux enjeux éthiques qui lient chez Gide archives et sexualité.

Thèse 1 : « Collaborer et déléguer : le rôle des secrétaires » (Malika Vorlet)

Personnes assemblées, dont André Gide, assis à gauche de profil, Léopold Chauveau, assis de dos (cheveux blancs), André Malraux, assis de dos (tourné vers Gide), Roger Martin du Gard, assis à droite, de profil (veste à rayures), et des anonymes, août 1928.

Ce travail de thèse, réalisé en cotutelle entre l’Université de Fribourg (Prof. Jacob Lachat) et l’Université de Lorraine (Prof. Jean-Michel Wittmann) portera sur des acteurs essentiels de la production littéraire, mais dont le rôle a longtemps été sous-estimé dans la recherche : les secrétaires d’écrivains. Pour aborder ce sujet, la thèse interrogera les rapports de Gide avec celles et ceux qui ont collaboré étroitement avec lui et qui, par là, ont eu vocation à témoigner de son travail, à en garder les archives réelles ou immatérielles. Elle s’intéressera aux secrétaires employés par l’écrivain durant sa carrière (nommément Lucien Combelle, Pierre de La Nux, Yvonne Davet, Madeleine Denegri, Béatrix Beck), et dont l’activité reste souvent méconnue, alors que leur rôle a été fondamental dans l’organisation du travail quotidien, dans la constitution de la documentation pour l’œuvre, dans les relations avec l’extérieur et dans la gestion des archives. Le travail de thèse étudiera en outre la fonction des proches et amis, qui ont eu un rôle tout à fait actif dans les activités professionnelles de Gide, tels que Maria Van Rysselberghe, Marc Allégret ou Roger Martin du Gard.

Thèse 2 : « Documenter les voyages, au présent et au futur » (Héloïse Clément)

Plan de la ville de Saint-Louis au Sénégal, dessiné à la main par André Gide, dans une lettre adressée à sa fille Catherine, datée du 23 février 1936.

Ce travail de thèse, réalisé en cotutelle entre l’Université de Fribourg (Prof. Thomas Hunkeler) et l’Université de Lorraine (Prof. Jean-Michel Wittmann) étudiera les nombreux documents du fonds Gide concernant les voyages respectifs de l’écrivain au Congo/Tchad et en U.R.S.S., ainsi que sur les ouvrages qui en ont été tirés (principalement Voyage au Congo, Le Retour du Tchad et Retour de l’U.R.S.S.). Ces dossiers sont composés de documents révélateurs de la pratique gidienne du voyage : brochures et prospectus (souvent annotés) sur les pays visités, lettres envoyées et reçues, photographies, coupures de presse, ainsi que tous les documents « contingents » que Gide conserve au cours de ses déplacements, comme les plans, les cartes postales, les titres de transport, les reçus, les cartes de visite, les pièces administratives. Ces archives hétérogènes serviront de base empirique à une réflexion novatrice sur les pratiques de documentation de l’auteur, qui conserve les « traces » de ses voyages en vue de se constituer à la fois des « ego-documents » et des dossiers de preuves ; par là, elles permettent aussi bien de mettre en forme ses expériences viatiques que de prendre position, de manière méthodique, dans les débats polémiques de son temps.