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Ascension/Pentecôte

Fermeture

Actualisé le 5 mai 2026

La Bibliothèque nationale suisse sera fermée le jeudi 14 mai 2026 (Ascension). La Bibliothèque nationale suisse sera fermée le lundi 25 mai 2026 (Pentecôte).

À la recherche des eaux verticales

Dès les 18e et 19e siècles, les chutes d’eau sont un motif privilégié pour les pionniers suisses de la peinture de paysage. Les chutes du Staubbach et d’autres «cours d’eau verticaux» sont présents non seulement dans de nombreux récits de voyage, œuvres littéraires et reportages photographiques, mais ils ornent également les affiches publicitaires des organismes touristiques, en Suisse et à l’étranger, invitant à vivre des instants hors du commun. Les œuvres numérisées de la Bibliothèque nationale donnent un aperçu de cet univers iconographique.

Un sujet populaire en peinture

Tandis qu’un lac paisible offre au regard une surface d’eau horizontale, ce même élément apparaît sous une forme verticale à travers une chute d’eau s’élançant dans le vide – même si ce n’est que pendant la courte durée de sa chute libre. Cette fugacité participe de manière essentielle à la fascination provoquée par les chutes d’eau. Leur beauté, souvent spectaculaire, a été admirée, décrite et célébrée dès les débuts du tourisme – et immortalisée en peinture.

Le tableau représente la vallée de Lauterbrunnen et son fond de vallée verdoyant, encadré par des flancs rocheux escarpés. Plusieurs chutes d’eau se jettent depuis la partie droite du tableau et l’on aperçoit le Staubbach au premier plan. À proximité, on peut voir un petit hameau entouré de pâturages, de bois et d’arbres fruitiers.

Aux 18e et 19e siècles, les petits maîtres suisses ont créé des vues de paysages et de localités, des scènes populaires et des représentations de costumes traditionnels pour un marché touristique en pleine expansion. Les chutes d’eau constituaient un sujet très apprécié, comme l’illustre le tableau «Le Staubbach dans la vallée de Lauterbrunnen», réalisé en 1836 par Johann Heinrich Bleuler le Jeune (1787-1857). La collection Gugelmann, qui a été léguée à la Bibliothèque nationale suisse en 1978, comprend principalement des œuvres issues de ce genre pictural. La BN a numérisé la collection Gugelmann et mis en ligne les images en haute résolution sur Wikimedia Commons.

Cette gravure en noir et blanc représente, vue depuis le lac, la rive rocheuse abrupte du lac de Walenstadt. Le Seerenbach se précipite en chute libre depuis la partie supérieure de la gravure, avant de se déverser dans le lac par une gorge. Sur les sommets rocheux qui l’encadrent, seuls quelques arbres parviennent à s’accrocher.

La chute du Staubbach dans la vallée de Lauterbrunnen est considérée comme la plus haute chute d’eau en chute libre de Suisse. L’établissement d’un tel classement se heurte toutefois à quelques difficultés. D’une part, mesurer la hauteur de chute sur un terrain difficilement accessible n’est pas chose aisée. D’autre part, déterminer ce qu’est une chute d’eau «haute» dépend de la définition que l’on donne aux termes «chute d’eau». Si l’on considère qu’il n’est pas nécessaire que l’eau tombe en chute libre sur l’intégralité de son parcours, alors la chute du Staubbach peut prétendre à la première place. Dans d’autres classements, elle n’occupe cependant que la troisième place, derrière la chute du Mürrenbach (également située dans la vallée de Lauterbrunnen) et les chutes du Seerenbach au niveau du lac de Walenstadt.

Les chutes les plus puissantes du continent européen

L’album «Voyage pictural autour de la chute du Rhin» a été réalisé par Johann Ludwig Bleuler (1792-1850), le frère cadet de Johann Heinrich. L’artiste a choisi les chutes du Rhin, destination touristique et motif pictural aussi célèbre qu’apprécié, comme sujet des dessins de son album. Les représentations iconographiques de ce site sont nombreuses, tout comme les récits de voyage dans lesquels les chutes du Rhin sont décrites et mises en valeur. Ces ouvrages, pour autant qu’ils ne soient plus protégés par le droit d’auteur et soient donc tombés dans le domaine public, peuvent être intégralement numérisés sur demande (e-book à la demande).

Cette gravure en aquatinte représente les masses d’eau bouillonnantes des chutes du Rhin et l’imposant rocher qui se dresse en leur centre, vus depuis l’aval du fleuve. Sur la gauche apparaissent les forges établies sur la rive nord. La moitié droite de l’image est dominée par le château de Laufen, qui trône au-dessus de la rive droite. Au premier plan, on peut voir un homme ainsi qu’un garçon qui tient une canne à pêche d’une main et un poisson de l’autre.

Une mise en scène technique de la nature

Dès le 19e siècle, les localités touristiques, hôtels et pensions en plein essor vantaient les chutes d’eau et autres beautés naturelles pour attirer des visiteurs originaires de régions plus ou moins lointaines. L’idée germa bientôt d’accroître encore l’attractivité de la destination, par exemple en proposant des offres complémentaires aux hôtes ou en mettant en scène le site lui-même. Cette évolution se poursuit aujourd’hui encore. Les mots-clés sont alors : ponts suspendus, plateformes d’observation, descentes en trottinettes, etc. L’un des pionniers de ce type d’offres complémentaires fut Carl Hauser-Blattman, propriétaire de Grand Hôtel Giessbach inauguré en 1875. Il fit construire le funiculaire du Giessbach, premier funiculaire de Suisse à vocation purement touristique, qui entra en service en 1879.

Cette affiche au format portrait et au fort contraste entre zones claires et zones sombres représente le funiculaire des chutes du Reichenbach lors de sa traversée d’un pont à treillis en forte pente. Le Reichenbach dévale la pente depuis le côté gauche de l’affiche et passe sous le pont en direction de la droite. Une lumière blafarde et jaunâtre éclaire l’ouvrage remarquable ainsi que la cabine du funiculaire. En arrière-plan se profile une sombre forêt d’épicéas. L’affiche, intitulée « REICHENBACH-FÄLLE Haslithal », annonce une « Illumination électrique des chutes du Reichenbach par be

Affiches : la publicité en grand format

En 1899, le funiculaire des chutes du Reichenbach est le 23e du genre à être inauguré en Suisse. Il dessert aujourd’hui encore un lieu à la dimension véritablement mystique : les chutes du Reichenbach. Celles-ci doivent leur célébrité au grand détective Sherlock Holmes. Son créateur, Sir Arthur Conan Doyle, choisit en 1893 ce décor spectaculaire pour mettre en scène la fin (supposée) du célèbre détective, le faisant précipiter dans le vide lors de son combat contre le professeur Moriarty dans la nouvelle Le Dernier problème.

La destinée littéraire de Sherlock Holmes transforma la perception de ces chutes au romantisme sauvage. Elles devinrent un lieu mystérieux, presque inquiétant, synonyme de perdition. Cette sombre fascination se déployait particulièrement dans l’obscurité de la nuit. C’est ainsi que les exploitants du funiculaire eurent l’idée de proposer des trajets nocturnes et d’installer un éclairage électrique dans les chutes du Reichenbach. Une affiche aux couleurs sombres avait pour but d’attirer les amateurs de frisson. Toutefois, cette entreprise ne connut qu’un faible succès financier. Dès le 20 février 1903, le Tribunal fédéral ordonnait la liquidation forcée du funiculaire. Cette affiche, tout comme de nombreuses autres, fait partie du Cabinet des estampes de la BN.

Références bibliographiques et iconographiques

Bibliothèque nationale suisse

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Utilisation
Hallwylstrasse 15
3003 Berne